Date de publication :
jeudi 23 octobre 2025
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Semaine de la santé et sécurité au travail :
Au-delà des bras cassés
Du 19 au 25 octobre se tient la Semaine nationale de la santé et de la sécurité au travail. Cette « semaine SST » nous permet de souligner ce que nous faisons chaque jour et de mettre en lumière les risques inhérents à notre travail, autant physiques que psychologiques.
Rappelons-nous que nous exerçons un métier à haut risque. Non, ce ne sont pas les machines de l’étage 4 du pavillon 2 qui causent le plus de dommages, ni les animaux et les seringues de l’étage 6, ni les équipements sportifs du CAP. Ce qui met le plus en péril notre santé est la structure même de notre travail : nos classes, nos piles de correction, parfois nos patron·ne·s et nos collègues, souvent nous-mêmes. Un regard extérieur pourrait s’en étonner : les personnes enseignantes sont-elles si fragiles qu’une simple classe pourrait mettre en péril leur équilibre? Un regard de l’intérieur nous permet d'identifier un réel danger : nous avons devant nous une tâche qui pourrait s’avérer infinie si on veut la réaliser à la perfection. Un cours peut toujours être meilleur, une rétroaction toujours plus précise, un suivi individuel toujours plus exigeant en temps. De surcroit, notre travail se complexifie de lui-même :
Selon la CNESST, un tel cocktail (tâche infiniment perfectible + augmentation de la charge de travail) peut rapidement mener au déséquilibre lorsque le contexte de travail se dégrade (qualité des relations de travail, manque de reconnaissance, perte d’autonomie décisionnelle, etc.). Personne n’est donc à l’abri d’un épuisement professionnel.
Malheureusement, il est très difficile de faire reconnaître une lésion psychologique comme un accident de travail. Selon l’organisme Medial SST, pour qu’un tel cas soit accepté, il faut qu’un ou plusieurs événements de nature traumatisante soient survenus au travail de façon soudaine et imprévisible... Si ce n’est pas votre cas, votre invalidité n’est pas reconnue comme étant liée au travail.
Cette difficulté à reconnaître les maladies professionnelles pose des enjeux multiples. Le premier est individuel : la reconnaissance d’un accident de travail par la CNESST offre à la personne indemnisée une reconnaissance et des services qu’un simple congé de maladie ne permet pas. Le second est collectif : si les invalidités liées au travail ne sont pas reconnues comme telles, il est plus difficile de forcer l’employeur à modifier ses pratiques afin d’assurer un climat de travail sécuritaire et d’agir en prévention.
Un dossier de La Presse du 14 septembre 2025 souligne les effets du stress au quotidien sur le vieillissement du corps, en particulier ses effets sur le cœur. Il est donc primordial de reconnaître les impacts psychologiques du stress dans les milieux de travail afin d’agir en prévention pour protéger les travailleurs et les travailleuses avant que des conséquences désastreuses ne surviennent.
États généraux de l’éducation pour
la transition écologique et sociale
Le comité de coordination du projet Transformations en cours : l'enseignement pour la transition écologique et sociale est heureux de vous annoncer le lancement du recrutement des personnes étudiantes et enseignantes qui participeront aux États généraux de l'enseignement pour la transition écologique et sociale. L'événement se tiendra au collège Montmorency à Laval du mercredi soir 7 janvier au samedi midi 10 janvier 2026.
Nous sommes à la recherche de personnes enseignantes et étudiantes qui aimeraient faire partie de la délégation de notre Cégep.
Notez que les frais de transport, d'hébergement et de repas des personnes enseignantes déléguées des syndicats seront remboursés comme pour les instances syndicales de la FNEEQ.
Sous-embauche et nouvelle date d’abandon
Lors de la dernière assemblée générale, vous avez été plusieurs à questionner le lien que fait l’organisation scolaire entre la nouvelle date d’abandon et la sous-embauche. Voici quelques informations qui peuvent vous aider à clarifier cette nouvelle réalité.

* Infographie du Gouvernement du Québec
Lors de l’automne 2024, une nouvelle date d’abandon sans échec a été ajoutée au calendrier étudiant dans tout le réseau collégial. L’objectif de cette nouvelle date est de donner aux personnes étudiantes un peu plus de temps pour évaluer s’il serait préférable pour elles d’abandonner un cours. L’effet de cette mesure a été immédiat : le nombre de désinscriptions au 19 septembre et au 14 février a fortement diminué. Par exemple, un cours avec 33 personnes étudiantes qui tombait normalement à 28 le 20 septembre reste maintenant souvent au-dessus de 30. Ce changement de comportement des personnes étudiantes a un effet très concret. Ce sont en effet les personnes étudiantes inscrites au 20 septembre et au 15 février qui sont la base du calcul des ressources financières disponibles pour le Cégep. Moins la classe perd d’étudiant·es, plus le cégep se voit financé. Comme la personne enseignante est déjà engagée et est payée le même salaire peu importe les désinscriptions, chaque personne étudiante qui reste est un gain pour l’enveloppe de l’enseignement.
Simulation fictive et très simplifiée
Imaginons qu’au début de la session d’automne 2023, un cégep de 6000 étudiant·es doive embaucher 450 profs pour leur enseigner et réaliser les autres tâches de la convention (coût = 450 ETC). La formule de calcul nous dit que pour obtenir un financement de 450 ETC, il faut qu’il y ait au 20 septembre une moyenne de 30 étudiant·es par cours. Monsieur L., directeur du service de l’organisation scolaire, envoie au début de la session 35 étudiant·es par cours. Le 20 septembre arrive et par crainte d’échouer, de nombreuses personnes étudiantes ont abandonné des cours, si bien qu’on se retrouve avec une moyenne de 29 étudiant·es par cours. Le Cégep ne reçoit, une fois les calculs du Ministère faits, que 435 ETC en financement et a donc réalisé une SUREMBAUCHE de 15 ETC! Catastrophe!
Déplaçons-nous maintenant en 2025 avec la même situation initiale. Le Cégep embauche toujours 450 profs et Monsieur L. envoie toujours 35 étudiant·es par cours au début de la session. Cependant, puisqu’il est possible d’abandonner un cours sans mention d’échec à 60 % de la durée de la session, plusieurs étudiant·es tentent leur chance et demeurent dans le cours. La moyenne d’étudiant·es par cours après le 20 septembre est de 31 et on se souvient que c’est ce chiffre qui sera utilisé pour les calculs par le Ministère. Même si 2 personnes supplémentaires par cours finissent par abandonner avant la seconde date d’abandon et que la session se termine malgré tout avec une moyenne de 29 étudiant·es par cours, le cégep se voit tout de même reconnaître un financement de 465 ETC, une SOUS-EMBAUCHE de 15 ETC!
En résumé, pour ces deux situations où la moyenne d'étudiant·es par cours à la fin de la session est de 29, le changement de comportement des étudiant·es au 20 septembre fait passer le cégep d’une surembauche à une sous-embauche (oui c’est absurde, mais c’est exactement comme ça que ça se passe). Le Cégep s’en trouve donc gagnant et il pourrait même adopter une gestion un peu plus souple afin de terminer plus près de l’équilibre.
Samedi dernier, environ 20 000 personnes se sont rassemblées à Québec pour la Marche mondiale des femmes. Cette manifestation d’envergure se déroulant aux 5 ans tire son origine ici même au Québec, grâce à Mme Françoise David qui a lancé la Marche Du pain et des roses en 1995.
L’équipe du SPECS et son comité femmes y étaient pour soutenir les droits des femmes et leurs choix, lutter contre la pauvreté et les inégalités qu’elles vivent encore aujourd’hui.
Voici en quelques images un aperçu de cet évènement incroyable.

Le gouvernement Legault multiplie les attaques contre les syndicats depuis quelques mois. Au printemps dernier, il déposait le projet de loi 89, maintenant la loi 14, qui accroit la portée de la notion de services essentiels au secteur privé et à l’éducation si le gouvernement juge que «la sécurité sociale, économique ou environnementale de la population» est menacée. La loi permet également d’imposer un arbitrage obligatoire dans le secteur privé. Ces deux mesures auront pour conséquence de réduire le rapport de force des syndicats. Par exemple, l’imposition d’un régime de services essentiels aux Cégep pourrait essentiellement éliminer notre capacité de faire une grève efficace.
Il y a quelques semaines nous apprenions que le gouvernement avait un autre projet de loi dans ses cartons. Le ministre Boulet veut «moderniser» le régime syndical. Accusant les syndicats de manquer de transparence et d’avoir une démocratie déficiente, il veut restreindre l’utilisation des cotisations syndicales et introduire une distinction entre la «mission essentielle» du syndicat et les actions non essentielles. Pour le gouvernement Legault, il est impératif d’agir car, pour citer le premier ministre Legault, le syndicalisme «(C’)est un système de pratiques dépassées, qui nuit aux travailleurs, qui nuit aux citoyens et qui nuit au Québec tout entier. Il est temps d’exiger la transparence et la démocratie syndicale. Il est temps que les syndicats recentrent leurs actions sur leur missions essentielles.»
La stratégie du gouvernement caquiste est cousue de fil blanc. En chute libre dans les sondages, Legault et compagnie joue la carte de la diversion et de la polarisation. Sur le fond, les attaques de la CAQ reposent sur des anecdotes. Au SPECS et à la CSN, les états financiers sont publics et votés en assemblée. L’utilisation des cotisations syndicales est encadrée par des mandats adoptés en assemblée. Ce n’est pas au gouvernement de déterminer la mission essentielle des syndicats: ce sont aux membres des syndicats de le faire. À la CSN, l’action syndicale comporte deux facettes indissociables: le premier front et le deuxième front. La lutte pour de meilleures conditions de travail ne peut pas se faire en faisant abstraction de la lutte pour une plus grande justice sociale pour tous. Pour reprendre les mots de Pierre Vadeboncoeur, conseiller syndical à la CSN et essayiste réputé, il faut dénoncer le fait que les syndicats « ne voient pas ou refusent d’admettre qu’en un point donné de l’histoire, leur présence peut servir à autre chose qu’à amener la signature de conventions collectives et peut fournir une force pour des transitions politiques nécessaires. »
Plusieurs gains syndicaux qui font maintenant partie de nos conventions collectives étaient initialement des luttes pour une plus grande justice sociale: congé de maternité, égalité entre les genres, lutte contre la discrimination, etc. Face aux attaques antisyndicales, nous ne pouvons pas demeurer les bras croisés. Nous devons défendre nos syndicats contre les tentatives d’un gouvernement qui cherche à se faire du capital politique alors qu’il n’a plus l’appui de la population. La CSN vient tout juste de lancer la campagne Faire Front pour le Québec. Au cours des prochaines semaines, plusieurs initiatives auront lieu pour informer et mobiliser les personnes syndiquées CSN au Québec. Le Cégep de Sherbrooke ne sera pas une exception. Lisez le QLP pour avoir tous les détails. Le 29 novembre 2025, une grande manifestation de tous les groupes syndicaux aura lieu à Montréal. Nous vous informerons prochainement des modalités pour le transport. Il faut une mobilisation massive pour signifier au gouvernement qu’il doit reculer

Un petit rappel pour vous! C’est ce dimanche à 14h qu’aura lieu, au coin des rue King et Jacques-Cartier, le rassemblement costumé contre les horreurs en éducation en Estrie organisé par Uni-es pour l’école.
Suivez ce lien pour plus d’informations.
L’activité de ce dimanche sera la première des deux semaines d’actions et de mobilisation organisées pour protester contre le traitement réservé par le gouvernement au système de l’éducation. Surveillez de près vos courriels, la page FB de Uni-es pour l’école et celle du SPECS pour ne rien manquer de ce qui s’en vient!
https://www.csn.qc.ca/wp-content/uploads/2025/10/ps_no-18_automne_2025_4c_final_c_web.pdf
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Poste téléphonique #5330 info@specs-csn.qc.ca VP à l'information et à la mobilisation : Mylène Filion Agent de bureau : Alain Paquet |
