Date de publication :
mercredi 17 février 2021
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Le SPECS réfléchit à la grève
Réuni.es en assemblée générale le jeudi 11 février dernier, les membres du SPECS ont donné le mandat à l’exécutif de préparer, en concertation avec les autres cégeps de la FNEEQ, l’exercice de la grève. Après plus de 10 mois sans convention collective, il commence à être temps d’augmenter la pression sur le gouvernement et le pousser à entamer sérieusement des négociations avec ses vis-à-vis syndicaux afin d’en arriver à une entente. La partie patronale ne reconnaît toujours pas le manque de ressources structurel qui affecte certains cégeps, dont le nôtre, et souhaite faire des économies sur le dos des enseignant.es en augmentant la charge individuelle (CI) maximale. Et comme la précarité n’est pas considérée comme un problème de leur part, nous avons fort à faire pour que nos demandes d’améliorer la sécurité d’emploi et l’atteinte du temps complet pour nos enseignant.es non-permanent.es se réalisent.
Une grève, est-ce que ce n’est pas un peu précipité ?
Depuis janvier 2020, les membres du SPECS sont au rendez-vous pour les actions de visibilité et les moyens de pression. Après de très populaires sorties matinales de plusieurs départements volontaires, une initiative locale, qui ont malheureusement pris fin avec l’état d’urgence sanitaire, nous avons répondu présents aux appels à l’action venant la FNEEQ. Nous avons à plusieurs reprises participé à l’interpellation de notre direction, des députés caquistes, de la ministre Danielle McCann, du Conseil du trésor et du premier ministre, et ce, de multiples manières : sorties médiatiques, campagnes de lettres, affichage, déploiement de bannières géantes, port des objets de visibilité (t-shirt, couvre-visage, foulard tubulaire), utilisation des fonds d’écran, actions web, rassemblements devant des bureaux de députés, manifestations régionales, etc. Jusqu’à maintenant, le tout s’est déroulé très respectueusement et rien n’a été véritablement perturbé. D’ici à ce qu’un mouvement de grève se mette en marche, il est certain que nos actions vont viser à perturber de plus en plus la quiétude de notre direction et de nos députés régionaux (s’ils nous lisent, on les salue). Avant d’en venir à la grève, la pression va devoir monter encore plus.
Une grève dans le contexte actuel, est-ce que c’est une bonne idée ?
On le sait, avec les directives pédagogiques, notre session est déjà amputée d’un nombre important d’heures de cours. L’élastique est étiré au maximum et chaque heure qui sera perdue à cause d’une grève affectera bien entendu nos étudiant.es, qu’il s’agisse d’une grève réalisée par nous ou d’une grève de nos collègues du personnel professionnel ou du soutien. Malgré tout, vous savez mieux que quiconque que le statu quo a aussi un impact dramatique sur nos étudiant.es. Le sous-financement nous oblige à ouvrir des cours à la dernière minute, conduisant nos enseignant.es non permament.es à ramer de semaine en semaine pour préparer leurs cours. Le temps passé à accompagner nos étudiant.es en situation de handicap augmente d’année en année, sans que les ressources ne suivent. La situation actuelle menant à des congés de maladie qui surviennent au milieu de la session pour cause d’épuisement professionnel devrait être considérée comme un problème structurel et non personnel. Bref, nous avons raison d’être soucieuses et soucieux du bien-être de nos étudiant.es et c’est précisément parce que nous voulons le mieux pour nos classes que nous travaillons à améliorer leurs conditions d’apprentissage, qui sont directement liées à nos conditions de travail.
La grève, est-ce que ça sert vraiment à quelque chose ?
La réponse à cette question est très claire, aucun gain réel n’a jamais été réalisé pour les travailleuses et les travailleurs pour leurs beaux yeux ou par grandeur d’âme des gouvernements. On se souvient que lors de la dernière négociation face au gouvernement libéral, la mobilisation importante des enseignant.es des cégeps a permis d’obtenir le rangement 23, ce qui a eu un effet majeur sur nos salaires. Même la CAQ, qui insiste depuis sa fondation pour l’augmentation du salaire des enseignant.es, n’est pas prête à leur proposer d’emblée en contexte de négociation. C’est un secret de polichinelle, s’il advenait que les enseignant.es du primaire et du secondaire ne démontrent pas assez d’ardeur dans leur négociation, ils et elles passeront à côté d’un gain qui était pourtant déjà inscrit dans les promesses du gouvernement ! Le gouvernement prétextera que le contexte n’était pas favorable et conservera sans doute les sommes économisées pour offrir des baisses d’impôt dans l’année préélectorale. Pour nous qui étions brutalement ignorés par la CAQ depuis deux ans jusqu’à ce qu’on hausse le ton au printemps passé, conduisant le premier ministre à délester le ministre de l’éducation du dossier de l’enseignement supérieur, le travail est d’autant plus grand !
Je trouve que je gagne assez, est-ce qu’on devrait vraiment demander des hausses salariales ?
Il est certain que pour les enseignant.es qui ont atteint les échelons les plus élevés, il peut être malaisant de se mobiliser pour des hausses salariales dans un contexte où les surplus de l’an dernier ont à toute fin pratique fondu comme neige au soleil. Il faut comprendre que les hausses de salaire ne sont pas négociées de façon sectorielle, mais à la table centrale, et que pour un nombre important de bas salariés, le salaire est l’enjeu majeur de la présente négociation. C’est précisément la raison pour laquelle la CSN demande une augmentation absolue et non relative (en dollars plutôt qu’en pourcentage), ce qui a un effet beaucoup plus grand en bas de l’échelle salariale qu’en haut. Pour ces raisons, il ne faut pas être gêné de se mobiliser pour des hausses de salaire qui sont essentielles à la santé et à la préservation de la qualité des services publics. Nous avons besoin que les emplois d’enseignant, d’infirmière, d’éducateur spécialisé, d’éducatrice en CPE, de préposé au bénéficiaire soient attractifs et que des candidat.es de qualité se forment pour occuper ces emplois fondamentaux pour la société. La pandémie a montré que des services publics forts sont essentiels pour une société ! Cette négociation est une occasion à saisir pour changer le paradigme dans lequel nous sommes pris depuis plus de 30 ans !
Dans les prochaines semaines, l’exécutif vous invitera à participer à diverses actions dans une logique d’intensification des moyens de pression. Si nous voulons que notre volonté de faire des gains pour le réseau collégial soit prise au sérieux, il est très important que vous répondiez présent.e à ces appels à l’action !
Solidarité !
Palmarès des cégeps dans les journaux de Québecor
Le Journal de Montréal et le Journal de Québec ont publié, ce samedi 13 février, un cahier spécial sur la réussite des cégeps. Pour une seconde année, ce cahier, élaboré à partir de données fournies par le ministère de l’Enseignement supérieur (MES), établit ce que les deux journaux baptisent un palmarès des cégeps « revu et amélioré », qui place les institutions collégiales en compétition les unes contre les autres. Pourtant, le réseau collégial se veut un réseau public et le MES doit s’assurer d’offrir dans toutes les régions et dans toutes les institutions des programmes de qualité équivalents, malgré les réalités des collèges qui diffèrent, la pluralité des réalités sociodémographiques de la population étudiante et la diversité de l’offre de programmes dépendant parfois des besoins locaux.
Le SPECS regrette un tel exercice qui ne sert personne; la décision de Québecor de reprendre une nouvelle fois un tel palmarès n’a rien à apporter au réseau des cégeps. Alors que les enseignants et les enseignantes se mobilisent tous et toutes pour encourager les jeunes à persévérer dans leurs études le plus longtemps possible, il est improductif que cet exercice de classement vienne décourager des gens qui veulent poursuivre des études collégiales dans leur région et dans l’établissement de leur choix.
Le réseau des cégeps ayant été construit voilà plus de 50 ans sur le principe de la collaboration et de la recherche de l’intérêt collectif, il importe de miser sur une approche basée sur le principe de collégialité et sur la concertation entre établissements, en vue de conserver un diplôme d’études collégiales qualifiant et national et de maintenir une formation générale commune. Accorder de l’importance au palmarès des cégeps de Québecor ne peut avoir comme effet que de nous diviser et de nous éloigner de cet objectif de collégialité qui est fondamental.
Sondage sur les difficultés éprouvées avec le matériel dans les classes et hors classe
Depuis le début de la session, le SPECS reçoit beaucoup de témoignages de membres qui vivent des problèmes avec le matériel qui devrait normalement être disponible et fonctionnel pour réaliser notre travail. Que vous ayez rencontré des difficultés de ce genre ou non, nous vous demandons de répondre avant le 26 février à ce court sondage qui donnera au SPECS un meilleur aperçu de la situation.
Quand les femmes...
8 mars
Écoutons les femmes

Cette année, la marche mondiale des femmes (MMF) se fera entendre sous le thème « Écoutons les femmes ». Étant donné le contexte pandémique, cette marche qui devait avoir lieu à l’automne dernier a été remise à l’automne 2021, à Terrebonne. Les cinq revendications que la coordination du Québec de la Marche mondiale des femmes (CQMMF) soulignait en 2020 ont donc été remises de l’avant : la pauvreté, la violence, la justice climatique, les femmes migrantes, immigrantes et racisées ainsi que les femmes autochtones. Si la cause féministe vous tient à cœur vous pouvez appuyer ces revendications :
J'APPUIE les revendications de la coordination du Québec
de la Marche mondiale des femmes
Plus localement, une autre manière simple de supporter les activités régionales du comité condition féminine de la MMF consiste à porter l’épinglette à l’effigie porte-voix. Si vous êtes intéressé.es, veuillez contacter le SPECS ou genevieve.charest@cegepsherbrooke.qc.ca pour obtenir une épinglette.
Par ailleurs, afin de souligner la Journée internationale des droits des femmes 2021, le comité femmes du SPECS vous concocte un rendez-vous virtuel dont les informations vous seront transmises sous peu. Restez à l’affût !
45 syndicats, 45 actions

Du 8 au 26 février, les 45 syndicats affiliés à la FNEEQ se relaient pour réaliser des actions de visibilité locales et accentuer la pression mise sur le gouvernement et les comités de négociation ! De notre côté, le froid a été bravé après l’assemblée générale pour une courte action d’affichage devant le pavillon 5. Restez à l’affût pour d’autres actions dans les prochaines semaines !
Nous vous invitons à suivre la page Facebook Cégep FNEEQ en négo pour ne rien manquer des actions qui auront lieu à travers le Québec.
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Poste téléphonique #5330 info@specs-csn.qc.ca VP à l'information et à la mobilisation : Mathieu Poulin-Lamarre Agent de bureau : Luc Loignon |

