Date de publication :
jeudi 16 avril 2020
Déjà un mois que le Cégep a fermé les portes de ses pavillons. Une fois le premier choc passé, s’est mis en branle un intense travail d’adaptation du calendrier, des activités pédagogiques et des évaluations pour pratiquement tous les cours donnés au Cégep afin de permettre aux étudiantes et étudiants qui le souhaitaient de compléter leur session sans le contexte de classe et celui de la présence physique sur lesquels repose une immense partie de nos approches pédagogiques. Un tour de force dans un contexte où le temps de travail est perturbé de mille manières par les situations familiales et où les paramètres mêmes à travers lesquels l’enseignement doit se poursuivre (calendrier, entrée des résultats) évoluent sans cesse et sont sujets à des interprétations multiples. Dans ce contexte difficile, vous avez su démontrer votre professionnalisme et, même s’il est difficile de ne pas pouvoir offrir à ces étudiant.es la formation que nous aurions souhaité leur donner, c’est grâce à ce travail remarquable qu’ils et elles ont la chance, incroyable dans les circonstances, de pouvoir terminer leur session, pour certain.es de diplômer, pour beaucoup de passer à autre chose. Bravo et merci à vous toutes et vous tous. Mentionnons tout de même que certains cours sont plus difficiles à rendre à bon port. Le SPECS a défendu votre autonomie professionnelle en demandant qu’on vous remette la décision finale quant à l’atteinte de la compétence. Nous défendrons votre jugement professionnel au besoin, n’hésitez pas à faire appel à nous.
Avec le congé pascal qui arrivait et le temps d’arrêt familial qui y est habituellement associé, nous aurions pu croire que le gouvernement Legault en profiterait peut-être enfin pour saluer le travail enseignant, lui qui prend soin à chaque jour d’accorder des remerciements à des personnes-clés oeuvrant dans le tumulte que l’on vit. Il en a plutôt profité pour sortir un lapin de son chapeau : un arrêté ministériel touchant le milieu de l’éducation et de l’enseignement collégial. Ce décret vise notamment à redéployer certain.es employé.es des services publics afin de venir en aide aux travailleuses et travailleurs de la santé en effectuant d’autres tâches et fonctions que celles auxquelles ils et elles sont normalement affectées. Il faut spécifier qu’ici sont ciblé.es tout particulièrement les enseignant.es qualifié.es en matière de santé, en majorité des femmes qui, rappelons-le, occupent les deux tiers des emplois dans les services publics au Québec. Toutefois, l’ensemble du corps enseignant pourrait être mis à partie ainsi que nos collègues du personnel professionnel et de soutien. Aucune consultation auprès des organisations syndicales concernées n’a été réalisée, ce qui est déploré par celles-ci. Personne n’a ainsi pu rappeler au ministère que les enseignant.es du réseau collégial sont actuellement au travail, parfois même avec un surplus de tâche lié à la réorganisation de la session et que la disponibilité pour aller servir dans les institutions hospitalières n’existe souvent tout simplement pas.
Notre fédération (lettre de Caroline Quesnel, présidente de la FNEEQ) s’affaire présentement à faire valoir cette situation. Pour l’instant, les cégeps de la région de Montréal sont sondés et il semble qu’on priorise le recours aux volontaires seulement.
Dans le guide d’application de l’arrêté ministériel transmis par la FNEEQ au SPECS le mardi 14 avril, guide qui apporte des précisions sur les conditions d’un éventuel redéploiement, nous attirons votre attention vers un des éléments présentés : « [l]e réseau de l’éducation doit prioriser ses propres besoins de manière à maintenir les services éducatifs et d’enseignement ». Par conséquent, la FNEEQ confirme que les cégeps doivent poursuivre les activités d’enseignement jusqu’à la fin de la session, et ce, pour tous les programmes d’études.
Tous les documents et communiqués relatifs à la situation sont rassemblés sur notre site web.
L’équipe du Comité des relations de travail (CRT) enseignant vient de terminer la négociation du projet de tâches pour l’année 2020-2021.
Cette négociation s’est passée dans le contexte bien particulier de la pandémie du COVID-19. Cette situation semble retarder les inscriptions des futurs étudiant.es. De plus, nous ne pouvons pas connaître ni prévoir le nombre d’étudiant.es qui se prévaudront de l’incomplet permanent (IN) cette session. Les étudiant.es qui devront reprendre les cours non-complétés ne sont pas inclus dans la prévision. Heureusement, ces étudiant.es seront financés même s’ils et elles reprennent le cours pour une deuxième fois. Ceci s’ajoute à la nouvelle réalité à laquelle nous faisons face, soit une perte plus grande du nombre étudiant.es entre la session d’automne et d’hiver. Connaissant l’ampleur du travail entourant l’élaboration des tâches pour l’ensemble de la communauté collégiale, le CTR a opté pour ne pas retarder ce processus et l’organisation scolaire a fait une prévision conservatrice, en considérant le nombre d’inscriptions à ce jour pour les étudiant.es de deuxième et troisième année et la prévision des inscriptions de première année. Il est possible de croire que le nombre d’étudiant.es augmentera modérément dans certains programmes et de façon plus importante dans d’autres. Il est évident qu’une prévision conservatrice peut avoir des conséquences désagréables puisque ouvrir des groupes pourrait exiger une modification de la tâche, cependant, nous avons jugé qu’il était préférable de se placer dans une position où des groupes ouvriraient que dans le contexte où l’inverse se produit.
Il est important de souligner que cette situation a aussi eu son lot de complications pour les professeur.es de la formation continue. Ces enseignantes et les enseignants de la formation continue n’ont pas les mêmes ressources pédagogiques que ceux et celles du régulier; entre autres, ils et elles n’ont pas toujours la chance d’avoir un département pour les appuyer. Malheureusement, les consignes de reprises à la suite de l’interruption des cours n’étaient pas claires, et les heures prévues à la prestation ont dû être réduites pour pouvoir adapter la fin des cours.
De plus, la négociation du projet de tâches pour l’année 2020-2021 devait aborder les libérations pour les coordinations de départements, de programmes et de stages, en plus des opérations-programmes (volet 2). Rappelons que le sujet des libérations est ce qui a fait avorter la négociation l’an passé. Qui plus est, la direction proposait une nouvelle distribution du volet 2 tel que préalablement proposé à la réunion de secteur du 5 février. Entre temps, l’assemblée générale du SPECS s’était prononcée sur le sujet en refusant la proposition considérant, entre autres, que les travaux nécessaires pour bien analyser les valeurs des libérations pour les coordinations de programmes et de stage étaient insuffisants, voire inexistants, et que les demandes individuelles des départements n'avaient pas encore toutes été étudiées. Certains départements, notamment ceux des quatre disciplines de la formation générale, estiment aussi que les valeurs proposées pour les coordinations départementales n’honorent pas la hauteur du travail qu’elles font réellement.
La direction nous offrait alors trois choix, soit d’intégrer la formule des libérations telle que proposée sans aucune modification, soit d'appliquer le statu quo de la formule utilisée au projet de tâches 2019-2020, soit une formule modifiée suite à des négociations supplémentaires entre les deux parties du CRT. À défaut d’entente, la direction nous avait annoncé que le statu quo serait l’option choisie. Devant ces choix, l’équipe enseignante du CRT a jugé que la première option ne pouvait être considérée puisqu’elle allait directement à l’encontre de la décision de l’AG du 13 février 2020. Le statu quo quant à lui n’était pas une option envisagée puisque cette distribution en était une imposée par la direction l’année dernière sans le consentement du corps enseignant. Restait donc la dernière option.
Le vice-président aux relations du travail a proposé un statu quo partiel, c’est-à-dire la mise en place de la nouvelle répartition pour les libérations de coordinations de départements et de stages ainsi que les opérations-programmes, mais un statu quo pour les libérations de coordinations de programmes. Cette offre permettait de continuer les travaux sur la répartition dans son ensemble et plus particulièrement pour les allocations des coordinations de programmes. Cette demande nécessitait l'ajout d’environ 1,6 ETC qui aurait dû être pigé dans les ressources additionnelles. L’équipe syndicale s’est vu refuser cette demande par la direction avec l’argument qu’il fallait payer la surembauche le plus rapidement possible et que la marge de manœuvre n’était pas assez grande. L’équipe syndicale a répondu que le Cégep devrait étendre sur une plus longue période le remboursement de la surembauche, privilégier les conditions de travail des coordinations au Cégep de Sherbrooke et ainsi, reconnaître à sa juste valeur le travail réalisé par les personnes qui occupent ces postes.
La direction nous a ensuite demandé si nous voulions effectuer des coupures à d’autres endroits pour appliquer la nouvelle répartition; la partie syndicale a refusé cette proposition considérant que cette négociation allait contre le mandat qui lui avait été confié. Devant cette situation la direction a donc imposé le statu quo sans l'appui de l’équipe syndicale. Il est important de souligner que malgré le statu quo, quatre programmes ont vu leur libération de coordination diminuer. La raison est fort simple; le statu quo de la direction se base sur les valeurs de la proposition 19-20 faite en avril 2019 et pas les valeurs réelles attribuées pour l’année. Pour ces quatre programmes, un ajout au mois d’août 2019 avait permis de compenser une perte de la ressource au moment de la modification de la répartition en 2019. Ils étaient les seuls programmes à perdre de la ressource. À des fins d’équité, l’équipe syndicale a exigé que le statu quo soit sur le réel et que ces quatre programmes reçoivent la même libération que cette année. Malgré la fin de la période de négociation, la direction et le syndicat sont toujours en discussion sur le sujet. Les travaux sur les libérations prévues au volet 2 vont se poursuivre l’année prochaine.
Bien d’autres sujets ont été traités, notamment les besoins et les conditions nécessaires pour s’adapter à la situation exceptionnelle que nous vivons, la continuité de projets tel que le stage Vietnam, les congés, la prestation des cours d’été et la signature des contrats pour les précaires.
Les discussions avec le ministère ne sont pas terminées en vue d’en arriver à une entente sur le processus de négociation. Pour tous les détails et un récapitulatif des événements des dernières semaines, consultez l’info-négo no 8 (9 avril 2020).
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Poste téléphonique #5330 info@specs-csn.qc.ca VP à l'information et à la mobilisation : Mathieu Poulin-Lamarre Agent de bureau : Luc Loignon |

