Date de publication :
mercredi 18 décembre 2019
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Notre comité de négociation et de mobilisation de la FNEEQ a reçu lundi matin le dépôt sectoriel patronal. Il en fera l’analyse exhaustive pour janvier, mais voici quelques éléments d'analyse préliminaires. Vous constaterez que les perspectives présentées sont souvent diamétralement opposées aux nôtres.
Voici quelques éléments d'analyse préliminaire :
Si les propositions patronales comportent quelques bonnes idées, elles nous paraissent un bien piètre cadeau de Noël. Profitez donc bien de ces réjouissances pour faire le plein d'énergie, l'hiver sera occupé !
Liberté d’expression, obligation juridique et responsabilité pédagogique
Lors du Conseil fédéral de la FNEEQ des 4, 5 et 6 décembre dernier, le comité diversité sexuelle et pluralité des genres de la FNEEQ, sur lequel siège notre collègue Dominique Dubuc, a eu la bonne idée d’inviter Rachida Azdouz, conseillère au vice-rectorat aux affaires internationales et à la Francophonie de l’Université de Montréal, afin qu’elle présente une conférence intitulée Entre obligation juridique, responsabilité pédagogique et liberté d’expression.
Voici les grandes lignes de son exposé, rédigées à partir de notes prises lors de la présentation et du document powerpoint transmis par la FNEEQ. On comprend que ce sujet doit être traité de façon vigilante.
Sur l’obligation juridique…
Les fondements de nos obligations juridiques quant aux activités pédagogiques et quant aux propos tenus en classe reposent sur le droit de nos élèves et de nos collègues à l’égalité sans discrimination (article 10 de la charte des droits et libertés de la personne1) et à la dignité (article 4 la même charte2). Un.e élève ne peut exiger d’un enseignant ou d’une enseignante qu’il ou elle déroge du programme obligatoire sur la base, par exemple, d’un malaise avec la matière présentée, cela pouvant porter atteinte aux droits à l’égalité des autres élèves, entre autres. Il faut pouvoir démontrer qu’un contenu abordé brime la liberté de conscience.
Il faut bien distinguer les situations où on peut heurter des valeurs et des sensibilités (qui est le propre de l’éducation, selon certains et certaines) de celles où on brime des droits à l’égalité et à la dignité. Par exemple, le contenu d’un ouvrage à lire qui met mal à l’aise ou qui choque des personnes ne peut être systématiquement considéré comme un contenu discriminatoire.
Sur la responsabilité pédagogique…
Comme enseignant ou enseignante, nous avons la responsabilité
Sur la liberté d’expression et la liberté académique…
Le droit précise que la liberté d’expression ne peut être restreinte que par la loi et seulement lorsque cette restriction est justifiable dans une société démocratique (par exemple dans le cas de discours haineux ou d’usage de son pouvoir intellectuel et moral pour faire du prosélytisme). Ce n’est pas parce qu’une personne est offensée qu’il y a automatiquement eu propos offensant; or, il y a parfois confusion entre effet et intention.
Bien que les règles générales de la loi sur l’Instruction publique s’appliquent à l’éducation préscolaire et à l’enseignement au primaire et au secondaire, il a été rappelé par Mme Azdouz que selon l’article 19 de cette loi3, un enseignant ou une enseignante a le droit de diriger chaque groupe d’élèves qui lui est confié en choisissant les modalités d’intervention pédagogiques qui correspondent aux objectifs fixés et les modalités d’évaluation appropriées.
Selon l’article 22 de la même loi, il est du devoir de l’enseignant ou de l’enseignante:
L’Annexe sur la reconnaissance de la liberté académique des enseignantes et des enseignants4 produit par le Syndicat des enseignants et des enseignantes du Collège Lionel-Groulx suggère que la « liberté académique doit s’exercer avec professionnalisme et avec la rigueur intellectuelle nécessaire à l’égard des contenus disciplinaires, des normes et des méthodes d’enseignement. La liberté académique doit aussi s’exercer dans une perspective de complémentarité avec les autres lieux d’échange professoraux tels que les départements et les comités de programme. »
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Place de l’entreprise privée dans le réseau de l’éducation au Québec
Lors du Conseil fédéral de la FNEEQ des 4, 5 et 6 décembre dernier, le comité école et société de la FNEEQ a présenté un premier rapport d’étape sur un dossier sur lequel il se penche depuis quelques mois, à savoir les partenariats et la place de l’entreprise privée dans l’enseignement. D’emblée, il a été mentionné que s’il peut y avoir des partenariats qui portent fruit pour tous et toutes, il y en a d’autres qui causent problèmes, à divers égards, et c’est sur ceux-ci que s’est attardé plus spécifiquement le comité.
Il a été dit plusieurs fois par le passé que le fait de diminuer les subventions aux institutions publiques avait comme effet d’ouvrir la porte à la privatisation. Ne demande-t-on pas de plus en plus, ici même au Cégep de Sherbrooke, d’arriver à boucler le budget annuel grâce à ce qui est appelé des auto-financés, qui prennent une place importante dans le budget global ?
Certains collèges s’en sortent grâce par exemple à une grande salle de spectacle qui attire les foules presque à tous les soirs. D’autres institutions font de la place, sur et dans leurs murs, à des publicités diverses, allant parfois jusqu’à rebaptiser certains pavillons ou salles au nom d’une entreprise philanthrope.
D’autres établissent des partenariats avec l’entreprise privée. Est-il souhaitable dans un réseau public comme celui bâti au Québec qu’une école, comme celle des Hautes études commerciales (HEC) de Montréal, ait tissé autant de liens avec de multiples organisations, comme celles qu’elle présente sur son site web.
Modèle d’affaires dans les établissements public
On peut observer ici et là dans le réseau de l’éducation au Québec une sous-traitance associée à des tâches d’enseignement, des services professionnels et des services auxiliaires. Voici quelques exemples :
Cote R Expert se présente comme « les experts pour Sciences de la nature au cégep ». Il est dit explicitement sur le site web de l’entreprise que son équipe est « composée d'experts en maths, chimie, physique, biologie, français ou autre. Ayant gradué avec une cote R moyenne de 34, nos tuteurs sont les mieux placés pour enseigner la matière qui leur est assignée ». Cette équipe « d’experts et d’expertes » est présentée sur le site web. Les « black books » que l’entreprise vend sur son site sont des ouvrages qui prétendent résumer le manuel de classe au complet en seulement 20 ou 30 pages. Car en fait, tel qu’il est mentionné, « les manuels d’étude au cégep, c’est 300, 400 ou même 500 pages remplies de contenu superflu qui ne t’aide pas à passer le cours et avoir une bonne note finale ». Et c’est sans compter sur les « booster course » à suivre avant le début de la session et les « crash course » permettant de mieux se préparer aux examens…
ChallengeU, dont le slogan initial au moment de sa création en 2017 était « Finis ton secondaire sur ton cellulaire », est une entreprise privée qui invite les raccrocheurs et les raccrocheuses à compléter leur secondaire en ligne, grâce à des « producteurs de contenus » et des « conseillers aux admissions ». Au moins trois commissions scolaires auraient misé sur cette entreprise. Nicolas Arsenault, le président directeur général de ChallengeU qui se dit « entrepreneur en série », vante son entreprise en précisant qu’elle a deux domaines d’expertise qui font toute la différence; premièrement ses cours, et ensuite l’expérience et l’amour.
Le Banc des Brillants tuteurs (BBT), créé en 2004 par des diplômé.es de l’université McGill en ingénierie et en finance, aide « les étudiants et les étudiantes à réussir leurs examens » et « à bâtir un savoir-faire pour leur avenir ». Les tutrices et tuteurs formés en éducation, ingénierie, commerce et sciences sont présentés ici comme des enseignantes et des enseignants.
Influence du privé sur les parcours académiques et sur le perfectionnement du personnel des établissements scolaires
Les devis ministériels du MEES, basés sur une approche par compétence, laissent beaucoup de latitude à chaque institution collégiale quant au contenu à couvrir dans les cours et quant aux activités d’apprentissage. Cela fait en sorte que les contenus de cours et les travaux demandés dans les stages sont parfois adaptés aux besoins de la région, ce qui peut avoir un éventuel impact sur la mobilité future des étudiant.es, en particulier dans les secteurs techniques.
Si plusieurs institutions du réseau public offrent sous leurs toits des formations destinées au personnel (pensons par exemple pour le cégep au Microprogramme de 2e cycle en insertion professionnelle en enseignement au collégial, le MIPEC), certaines entreprises se vantent de pouvoir pallier à ce besoin. Par exemple, l’EscouadeÉDU offre des conférences, des formations, des camps de leadership, du coaching virtuel et un accompagnement par une équipe de leaders pédagogiques d'expérience, entre autres, afin d’amener tous les apprenants et toutes les apprenantes d’une commission scolaire à « exprimer leur plein potentiel ». On peut lire sur le site Web de l’entreprise « Quels que soient vos besoins, EscouadeÉDU a un plan pour vous. (…) vivez l’expérience EscouadeÉDU ! ».
Afin de sensibiliser tout le monde à l’importance de faire face et s’opposer à l’entrée parfois discrète et insidieuse de l’entreprise privée dans le réseau de l’éducation, il a été suggéré par le comité école et société de la FNEEQ et par certains membres présents lors du conseil fédéral :
La présentation du comité école et société a permis de mettre la table pour de futures discussions importantes, notamment grâce à la présentation de ce plateau d’amuse-gueules somme toute pas si amusants…
Laïcité au Québec et loi 21 : le contexte socio-juridique
La Loi 21 a été adoptée sous le bâillon en juin dernier par l’Assemblée nationale, suspendant ainsi l’application de certaines dispositions des chartes canadienne et québécoise des droits et libertés. Pour faire le point sur la situation, le comité Interculturalité, discrimination systémique au travail et éducation vous invite à participer à une conférence suivie d’une discussion en compagnie de Bertrand Lavoie, chercheur à la Faculté de droit de l’Université de Sherbrooke.
L’activité aura lieu le mardi 4 février de 11h30 à 13h, à l’Arti-show. Si vous désirez y convier vos étudiant.es, il serait apprécié que vous informiez Luc Loignon (info@specs-csn.qc.ca ou poste #5330), en précisant le nombre de participant.es.
Le comité femmes tient à vous souhaiter de Joyeuses Fêtes à toutes et tous. Nous vous reviendrons après les Fêtes avec une activité pour souligner le 8 mars, soit la Journée internationale des droits des femmes. De la part de Valérie Boisvert, Marie-Claude Brosseau, Anne Lebel, Catherine Ladouceur, Annissa Laplante, Geneviève Charest.
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Poste téléphonique #5330 info@specs-csn.qc.ca VP à l'information et à la mobilisation : Mathieu Poulin-Lamarre Agent de bureau : Luc Loignon |

